Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

Fast Food

J’y vais très rarement, mais suffisamment pour savoir de quoi je parle. Ouvrons les yeux : tout comme la pizza qu’on réchauffe au micro onde, le fast food est une réalité. Il fait partie de la vie de beaucoup d’entre nous qui y mangent pour certains toutes les semaines, pour d’autres régulièrement. Restent les irréductibles. Toujours est-il que nous avons tous un avis sur la question, souvent tranché d’ailleurs. Il y a ceux qui adorent et qui ne manquent pas une occasion du jour ou de la nuit pour s’y rendre. Il y a ceux qui détestent et qui jurent qu’ils n’y metteront jamais les pieds. Et puis il y a les autres, dont je fais partie. Je dois reconnaître que je n’aime pas particulièrement ça, mais voilà, une ou deux fois par an, je me retrouve dans un fast food à faire la queue avec un bip bip en fond sonore et une odeur persistante dans les narines, un mélange improbable de gras et de sucre.

C’était dimanche, dans l’après-midi et nous n’avions pas déjeuné. Oui, on avait sauté un repas, on peut aussi le dire comme ça. Nous étions entre deux activités si vous préférez. Alors, dans ces cas là, pour certains, le fast food, c’est comme un phare dans la nuit, une sorte d’évidence. Le pire c’est que ça n’est pas donné cette affaire là : 15,30 euros pour deux, et sans excès hein, j’entends par là, pas de dessert lacté ou autre crème glacée qui croustille.

Ce que vous ignorez peut-être encore c’est que le fast food a décidé depuis peu de se donner bonne conscience. Il y a eu les publicités mettant en scène les producteurs de nos régions ; place à présent à l’information nutritionnelle. Il faut reconnaître qu’à première vue ils jouent le jeu, de manière à la fois pédagogique et ludique. Logos et codes couleurs servant même de points de repère sur les emballages. En dégustant mon sandwich à triple étage, je me suis demandée si les clients la lisaient cette information nutritionnelle ou si le simple fait d’imaginer que l’empire de la nourriture rapide prenait soin d’eux, leur suffisait ? Alors, moi, entre deux bouchées, j’ai essayé de comprendre ce qu’on voulait me dire. Je me suis arrêtée à la page où on détaille la facture énergétique de mon menu. Il était indiqué 1010 calories, soit 51% de mes besoins journaliers recommandés. Si je compte bien, et si je veux les respecter mes besoins, alors je comprends que ce soir il va falloir manger léger. En même temps, vu l’heure, je ne suis pas vraiment sûre d’avoir très faim. Nous mangeons trois fois par jour. En terme énergétique, ce repas, à lui seul, couvre donc aussi plus de la moitié de mon dîner de ce soir. Enfin, que dire du menu destiné aux enfants qui comporte, lui, 2,9 grammes de sel, soient 97% des besoins quotidiens ?

Lorsqu’on sait qu’un grand nombre de clients ajoute à son menu un dessert lacté ou glacé et que cela allourdit encore la facture énergétique, cela fait réfléchir… D’autant plus depuis la parution cet été d’un étude du World Cancer Research Fund-UK, (WCRF), Fonds mondial de recherche contre le cancer au Royaume-Uni, qui préconise une mise en garde contre les boissons glacées à base de café ou de chocolat, vendues dans certaines chaînes de distribution qui contiennent, pour certaines d’entre elles, plus de cinq cent calories. Dimanche, j’ai pu voir qu’à la dernière page du fascicule sur la nutrition, le géant de la nourriture rapide faisait la promotion de ce type de boissons mais omettait cette fois d’indiquer les points de repère nutritionnels…Entre information et caution nutritionelle, le coeur de la nourriture rapide balance…