Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

Basilic, sauge, ciboulette, coriandre, ma préférée, et j’en passe… Elles donnent, pour les unes, une saveur exotique aux plats, pour les autres un arôme caractérisable entre tous. Elles me sont essentielles. Et pourtant, à la longue, elles coûtent cher. Un euro au marché en pleine saison pour un bouquet de basilic chez mon petit producteur du coin. Et jusqu’à un euro et quarante centimes en grande surface pour quelques tiges emballées dans une barquette en plastique rigide. Dans ce dernier cas, qu’est ce qui coûte le plus cher ? Le contenu ou le contenant ? Drôles de paradoxes parfois dans ces hypermarchés des gens préssés dont je fais partie… [Début de justification : D'habitude je m'organise, je planifie mes achats autant que faire ce peux et je me refuse à acheter ce type d'article...Fin de justification]

Côté gustatif, ce basilic n’a pas la saveur typée habituelle de la variété grand vert que j’utilise pour le pesto. Je ne suis pourtant pas de celle qui rechigne à payer la qualité des produits quand cela se justifie. Enfin, côté provenance, c’est précisément là que les choses se corsent. C’était le 27 août dernier. Jugez plutôt :

Basilic

Elle est venue à la nage la barquette ? Non, parce qu’au moment même où la grande distribution communique à grands renforts de publicité sur « les fruits et légumes de nos régions» , il y a là comme qui dirait contradiction avec le message. Soyons clairs, je n’ai rien contre le basilic isaëlien, là n’est pas mon propos. Mais au coeur de la saison, alors qu’il est possible d’en faire pousser dans de nombreuses régions de France, il n’y a rien à faire, je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je décroche mon téléphone. L’argument de la centrale d’achat que j’ai contactée : « nous faisons appel à des fournisseurs français qui ont leur propre production mais s’il existe une rupture de qualité ou de quantité d’herbes aromatiques, alors ces mêmes fournisseurs procèdent à un rachat en dehors du territoire. Israël étant un des plus gros producteurs au monde, cela s’explique ainsi» . Loin de me convaincre, cette explication confirme une chose : les produits alimentaires se mondialisent plus que jamais. A quand de la spéculation sur l’herbe… aromatique ?!

Dans le registre, on est jamais aussi bien servis que par soi-même, je remercie ma dealeuse de graines qui se reconnaîtra. Grâce à elle, je brave les éléments et si Dieu le veut, j’aurai des herbes aromatiques sur ma terrasse avant Noël ;)

Herbes aromatiques 1

Gaspacho

Il fait chaud, très chaud. Rien de tel qu’un gaspacho bien frais. Et puis, à défaut d’être partie à l’étranger cet été, j’ai au moins un peu l’impression d’être en Espagne.  À l’origine, le gazpacho andalou est un plat pauvre de paysans. Ils récupèraient le pain sec de la veille pour le malaxer au mortier avec du vinaigre, des fruits secs et de l’ail. Pas grand chose à voir avec celui dégusté aujourd’hui sur la Costa del Sol. C’est parce qu’il est devenu rouge entre temps. Grâce à la tomate arrivée à Séville au XVIème siècle. Point de mie de pain dans mon gaspacho mais une belle texture tout de même. Pour cette recette, je me suis inspirée de celle proposée par le restaurant étoilé l’Ambroisie.

Pour 4 personnes

Coût : 1,35 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation + 2 heures au réfrigérateur

Ingrédients

  • 1 bouquet de basilic : 1 euro
  • 1 kilo de tomates grappe : 1,75 euros
  • 1/2 concombre : 50 centimes
  • 1 poivron rouge : 30 centimes
  • 1 jaune d’oeuf bio : 35 centimes
  • 1 petit oignon blanc
  • 1 petite gousse d’ail ou 1/2 si elle est grosse
  • 1 dl de vinaigre de Xérès
  • 2 dl d’huile d’olive
  • 1 morceau de sucre de canne
  • sel & poivre 5 baies. Assaisonnement : 1,50 euro

Préparation

Epluchez et épépinez le concombre et le poivron. Enlevez bien la petite peau blanche qui donnerait de l’amertume. Coupez tout les légumes en cubes moyens et mettez les dans un saladier avec le vinaigre et l’huile d’olive ainsi que l’oignon blanc, la gousse d’ail écrasée, le sel, le poivre, le morceau de sucre et le basilic. Mélangez, couvrez et laissez reposer le tout 2 heures minimum au réfrigérateur.
Mixez le tout pendant dix bonnes minutes, idéalement au blender. N’en possédant pas, j’ai utilisé mon mixer plongeant. Petit conseil : la qualité de la texture finale dépend du temps que vous aurez passé à mixer. J’en avais plein les oreilles, mais j’ai persévéré. A ce stade, les pépins de la tomate ne sont plus censés être perceptibes au palais. Si vous avez un chinois, c’est le moment de le sortir.
Dans un saladier mettez le jaune d’oeuf ainsi qu’une bonne louche du mélange et montez au fouet comme une mayonnaise avec une bonne rasade d’huile d’olive. Incorporez à l’aide du mixeur le reste du gaspacho. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement. Résevez au frais.

Idéalement, pour casser l’acidité de la tomate, vous pouvez remplacer le morceau de sucre par de la pastèque, mais à 4,50 euros du kilo, je passe mon tour. Je résume. Il fait chaud, le but était de réaliser une petite entrée rafraîchissante… jusqu’à ce que mon homme me dise au moment de la dégustation :  « Ce serait bon, chaud, sur des pâtes … non ?!!»  Pfff…

Pesto

Bon et vite fait. Avec un petit verre de rosé et un bon film, c’est pas compliqué de se la faire belle, la vie, parfois ! Pesto ou approchant, c’est comme vous voulez, laissez parler votre instinct et vos envies ; la qualité des produits choisis fera le reste.

Pour 2 personnes si l’appetit est féroce, sinon 3 !

Coût : 2,43 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation

Ingrédients

  • 250 grammes de spaghettoni N°7 : 85 centimes
  • 1 tomate : 20 centimes
  • Parmesan parmigiano reggiano : 1 euro
  • Pignons. Privilégiez les pignons en provenance du sud-ouest ou d’Italie. Ceux vendus en grande surface viennent souvent de Chine et la variété est moins goûteuse. : 1,50 euros
  • 1 bouquet de basilic frais : 1 euro
  • 1 gousse d’ail
  • Huile d’olive : 30 centimes
  • 1 feuille de laurier
  • Gros sel
  • 1 mortier et 1 pilon
  • quelques gouttes de citron

Préparation

Dans votre plus grande marmite, mettre de l’eau à bouillir, une feuille de laurier, un filet d’huile d’olive et du gros sel. Suffisamment. Hier soir, mon homme, -qui maitrise à la perfection la cuisson de la pasta- m’a dit : « elles doivent être salées dans la masse !»  Ah oui, heu d’accord, je serai vigilante à l’avenir !

Dans une poêle anti-adhésive, faites dorer quelques minutes à sec les pignons. Les réserver. Dans la même poêle, faites réduire à feu doux sans matière grasse une tomate coupée en morceaux. Remuez de temps à autre.

Dans le mortier, ajoutez les feuilles préalablement lavées du bouquet de basilic frais -je compte d’ailleurs revenir prochainement sur le coût d’achat des herbes aromatiques – Ajoutez également le parmesan, la gousse d’ail écrasée, les pignons et au fur et à mesure une bonne rasade d’huile d’olive. Goûtez et rajoutez l’un ou l’autre des produits. La consistance doit être grumeleuse.

Après 11 minutes de cuisson, les pâtes al dente rejoindront la tomate réduite. Ajoutez alors la préparation au basilic. Faites revenir le tout sur feu doux 3 minutes en ajoutant quelques gouttes de citron (le petit secret des cuisiniers italiens). Mélanger délicatement et servir.