Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

Brochette agneau 2

Il faut le dire ; on est en plein délire climatique, non ? La Bretagne [que j'adore] semble prendre ses aises et étendre ses turpitudes météorologiques à tout l’hexagone. Il fait froid, il pleut, il vente et les barbecue party se font rares, trop rares. Soit. Mais soyons plus malins que le baromètre et cette foutue station météo flambant neuve qui n’annoncent rien de bon, malgré un côté tendance et des fonctions très sophistiquées. Contournons le problème et étudions le cas de la brochette estivale que nous aimons tant. Qui a dit qu’elle ne pouvait pas cuire dans notre cuisine ? Une fois les denrées carnées et végétales saisies, il vous suffira de les assembler et de vous installer au coin de la cheminée pour déguster la brochette. Allez, un petit effort, c’est pourtant pas si compliqué…

Brochettes d’agneau au paprika

Pour 4 personnes, à raison de 2 brochettes par personne
Comptez 20 minutes de préparation

Coût : 2,67 euros par personne

Ingrédients

  • 16 morceaux de sauté d’agneau : 6,30 euros
  • 1 oignon rouge : 50 centimes
  • 1 botte d’oignons nouveaux : 1,50 euro
  • 4 poivrons rouges : 2,10 euro
  • 1 CC de paprika
  • 4 abricots secs : 30 centimes
  • Huile d’olive
  • Fleur de sel

Préparation

La veille au soir, pensez à faire mariner les morceaux d’agneau au réfrigérateur. Pour cela, détaillez-les en cubes et préparez une marinade avec le paprika, les abricots hachés, l’huile d’olive, les tiges (seulement) émincées finement des oignons nouveaux, et mélangez-y les morceaux d’agneau. Laissez reposer à couvert au minimum 4 heures.

Nettoyez les poivrons ; enlevez les graines et la partie blanche. Déposez les moitiés de poivrons sur le lèche frites avec les oignons nouveaux. Enfournez pour une trentaine de minutes à 200°C. Otez ensuite la peau des poivrons.

Au moment de passer à table, faites dorer les morceaux d’agneau dans une poêle avec un filet d’huile d’olive. Montez votre brochette en alternant les ingrédients : viande, poivron, oignon rouge caramélisé, et oignon nouveau. Servez avec de la fleur de sel.

Epilogue : à l’heure où je vous parle, la brochette désespérée par ce mois de mai si frais cherche toujours une barbecue party pour l’accueillir et des braises pour la saisir…

A suivre…

Boulette1

« Il faut rouler les boulettes dans la farine puis dans le blanc d’œuf pour qu’elles se tiennent ; c’est ça le secret…» 

Dimanche dernier nous avons déjeuné chez D. ma charmante voisine. Elle nous avait dit : « les jeunes, je vous ferai un couscous» . Nous on aime bien le couscous. Le jour J, elle nous a accueilli avec le sourire, en musique et en djellaba, comme là bas avant de nous expliquer qu’elle avait vécu dix années en Tunisie et que, forcément, elle était imprégnée de cette merveilleuse culture culinaire pour toute sa vie… Déjà, il y a eu la kemia…ça n’a l’air de rien, les poivrons marinés à l’huile d’olive, les supions à l’ail et autres olives, encore faut-il s’y prendre un chouilla à l’avance pour les réussir…

C’est une fois à table, au moment de goûter aux boulettes, que je me suis jurée que je ne repartirai pas de chez D. sans la recette. Et lorsque D. nous a expliqué qu’elle tenait cette recette de sa mère et que c’était un savoir faire transmis de génération en génération, je me suis dit que ça ne serait peut être pas si facile d’amadouer D.  Non, parce que j’en connais moi des personnes, -que dis-je des amies- qui vous soutiennent droit dans les yeux que leur recette de faisselle est transmise de mère en fille,  et que même sous la pire des tortures, elles ne lâcheront pas le moindre petit indice, et pour la divine astuce qui fait toute la différence, je peux toujours courir, ça ne me fera pas de mal…

C’est le lendemain par mail que j’ai eu droit à la recette rédigée de D. Comme souvent, rien de très compliqué, encore fallait-il connaître les tours de main et j’avoue que le coup du pain rassi et du blanc d’œuf mélangé à l’huile d’olive, même si c’est du bon sens, je n’y aurai pas pensé…. La recette originelle de boulettes de D. est à base de bœuf, mais comme il me restait de l’agneau à la cuillère, j’ai quelque peu transformé la boulette d’origine. Au final, au lieu de l’accompagner de graine de couscous et comme nous adorons la pasta ici-même, j’avoue avoir un peu italianisé le tout. N’empêche, à travers les âges, la boulette a une belle histoire

Boulette2

Pour 6 gourmands

Coût : 1,30 euros par personne

Ingrédients

  • 500g de viande de bœuf hachée [ou d'agneau comme sur la photo] : 6,50 euros
  • ¼ de baguette de pain rassi : 25 centimes
  • 2 gousses d’ail finement coupées : 5 centimes
  • 4/5 branches de persil ou de coriandre hachées : 30 centimes
  • 2 jaunes d’œufs : 70 centimes
  • 2 blancs d’œufs
  • sel, poivre
  • cumin et cannelle
  • huile d’olive

Préparation

Mettre le pain à ramollir dans l’eau froide. Une fois ramolli, retirer l’excédent d’eau en le serrant fortement dans la main. Mélanger viande, jaunes d’œufs, pain et assaisonnement. Confectionner des petites boulettes en les roulant entre les deux mains. Les rouler dans la farine puis dans les blancs d’œufs préalablement battus avec un peu d’huile d’olive.

Faire frire les boulettes dans de l’huile d’olive, bien surveiller la cuisson pour ne pas qu’elles attachent. Sitôt bien dorées les réserver dans une casserole. On pourra ensuite terminer la cuisson des boulettes dans une sauce de couscous ou dans un coulis de tomates pour servir avec du riz ou des pâtes (1/2 h environ)

IMG_3604

Photo : Daniel

Épilogue : nous avons terminé ce festin comme il se doit avec un thé à la menthe et des pignons grillés. D. est une hôte exceptionnelle qui a su nous transporter avec enchantement et malice ;-)