Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

marjorie

Nane m’a tagué (non ce n’est pas elle sur la photo, elle est beaucoup mieux que ça)… et m’a décerné un « blog award» …

Le but, c’est de vous dévoiler sept choses incroyables sur moi…

Comme dans la vraie vie, il y a quelques règles à respecter….

1.Remercier le donneur (Nane, j’ai hâte de te revoir…),
2. Copier l’image et la montrer sur son blog ,
(J’ai fait comme Cremlystella, j’ai modifié l’image parce que celle-ci est décidément beaucoup plus sympathique…)
3. Mettre le donneur en lien,
4. Raconter sept choses inconnues sur soi-même,
5. Donner le prix à sept blogueurs,
6. Ajouter leur lien à son post

Allez hop, c’est parti pour les révélations …

  • J’aime l’odeur réconfortante des pommes chaudes et de la cannelle
  • J’aime pas avoir mal au cœur en voiture dès les premiers virages, c’est un peu la honte passé la trentaine…
  • J’aime grimper au sommet d’une montagne, de préférence avec les mains dans les poches
  • J’aime pas les salsifis, ne les ai jamais aimés et ne les aimerai jamais
  • J’aime le bœuf aux carottes inimitable de ma maman
  • J’aime pas céder à des pulsions sucrées irraisonnées et déraisonnables
  • J’aime l’odeur du caramel chaud sur le front des nouveaux nés
  • J’aime pas être dans l’indécision
  • J’aime observer la minutie et l’application de mon chat en train de faire sa toilette
  • J’aime pas le fait que les Restos du Cœur soient obligés d’exister
  • J’aime l’idée qu’on est pas seul au monde

ça fait plus de sept, mais je n’ai jamais trop aimé les chiffres…

A mon tour, je refile le bébé à Walinette, à Shalima et à La plus petite cuisine du monde

Le panier

Ce qu’il y a de bien avec le panier de légumes bio que mon Homme ramène à la maison chaque jeudi, c’est l’effet de surprise. On ne sait jamais sur quoi on va tomber, et ça, j’aime beaucoup. Première phase, et non des moindres, le chat tourne autour du panier pour apprivoiser l’intru. Deuxième phase, je me jette dessus avec quasiment la même excitation qu’à Noël au moment de déballer les cadeaux… Une petite voix me rappelle que ce ne sont « que»  des légumes… Oui, et alors, y’a pas de mal à se faire du bien moi je dis …

Poivrons longs

Aubergines

Tomates vertes

Sans oublier aussi dans le panier, une botte de mâche. Le tout pour 8,24 euros. Je découvre aussi de nouvelles variétés comme ces « aubergines rondes à oeufs» . Et comme il y a toujours des suggestions de recettes, voici ce que je m’apprette à faire ce soir pour que les tomates puissent confiturer toute la nuit…

Confiture de tomates vertes

Ce qu’il vous faut : 1 kg de tomates vertes, 400 g de sucre
1/2 citron non traité, 1/2 gousse de vanille

Ce qu’il faut faire : Couper les tomates et le citron en fines rondelles Mettre dans un récipient.
Couper la gousse de vanille dans sa longueur et gratter les grains. Ajouter la gousse et les grains de vanille dans le récipient. Ajouter le sucre. Couvrir et laisser macérer au moins 12 heures. Cuire à découvert pendant 20 à 25 minutes. La confiture prend une jolie couleur ambrée. Enlever la gousse de vanille et les écorces de citrons. Puis mettre en pots

A ce jour et après quelques semaines, je suis ravie d’avoir opté pour cette formule de panier bio des jardins de Marcoussis. Pour les fruits, c’est franchement plus casse tête. En ce moment, en région parisienne (autrement dit la banlieue de Paris, là où tout est plus cher qu’en province…), les pommes bios sont à 3,20 euros du kilo. J’ai encore du mal à me résoudre à acheter des fruits de saison à un prix pareil…même issus de l’agriculture biologique. Et pourtant, je sais que les pommes cultivées en conventionnel subissent jusqu’à 25 traitements et que les arboriculteurs sont les premiers touchés par des maladies neurodégénératives suite à une exposition répétée aux phytos (comme on les appelle communément dans la profession)… Moi, j’ai la chance d’avoir la possibilité de payer plus cher mes fruits. Mais comment font les couples qui gagnent 2 SMIC, c’est à dire 2000 euros nets pour faire vivre une famille de 4 personnes ? Ont-ils le choix ?

cereales

etiquette

J’aime beaucoup l’expession « tout simplement» . Grâce à elle, on élude, on met un point final, et puis c’est tout. Il est si simple d’écrire « tout simplement»  sur un paquet de céréales alors que l’étiquette du produit fait cinq lignes. Ne voyez dans ce billet aucune leçon de morale là où je vous fais « tout simplement»  part de ce que j’ai remarqué au coeur d’un supermarché même pas si grand que ça…

A votre avis, combien de familles françaises ont ce genre de paquets de céréales dans leur cuisine ? A votre avis, comment font les marketeurs pour imaginer un scenario aussi navrant pour vendre du sucre et du gras à 2,39 euros le paquet ? A votre avis, comment font les chaînes de télévision pour faire la promotion de ce type de produit au moment des coupures publicitaires d’un programme pour enfant ? A votre avis, comment peuvent faire les parents pour expliquer que le pain c’est bien meilleur au goût, pour la santé et pour le porte monnaie, quand des chérubins se prennent en pleine poire une publicité vantant les mérites du produit grâce à un personnage drôlement attirant et décidément très sympathique ?

A votre avis …

Et comme quoi, ça n’arrive pas qu’aux petits, si vous avez cinq minutes, lisez les confessions d’un cereal killer

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Une photo, deux possibilités :

  • Soit mon chat a du goût et se croit dans le dernier film d’animation de Disney Pixar, Ratatouille…
  • Soit la même petite bête noire en a eu marre de me voir derrière les fourneaux et s’est posée là en signe de protestation…

Morale de l’histoire :

  • Régle N°1  : toujours avoir son appareil photo à portée de mains pour immortaliser les pauses incongrues de Basile Premier
  • Règle N°2 : ne pas oublier de nettoyer après son passage avec la peau magique

A vendredi pour la pause sucrée qui prendra cette fois la forme d’une petite enquête sur les céréales du petit déjeuner. A suivre…

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Il y a celles et ceux qui le font régulièrement comme stipulé sur la notice d’entretien ; à savoir « dès que de la glace se forme»  et il y a les autres – dont je fais partie- qui attendent et remettent constamment au lendemain ce genre de tâche domestique un chouilla ingrate. Il faut bien reconnaître qu’une fois la porte du congélateur refermée, personne n’imagine que vous avez passé quatre heures  de votre temps à éponger le sol et à attendre que les icebergs formés veuillent bien fondre… Passons et procédons par ordre et en image s’il vous plaît ! Après avoir feint la surprise en constatant l’étendu des dégats – photo du haut- il convient de ne pas « rompre la chaîne du froid» . J’emballe donc soigneusement mes aliments dans un sac isotherme avec deux pains de glace. Vous pouvez d’ailleurs apercevoir du véritable surimi japonais que nous ramène notre ami Mitsumasa quand il fait un crochet par Paris. La dernière fois, on a même pu testé de la bonite séchée ;)

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Appréciez l’ingéniosité du système tupperware mis en place pour ne pas inonder le parquet chêne clair de la cuisine. Oui, je sais « il aurait fallu mettre du carrelage» … maintenant c’est trop tard. Mais enfin tout de même, comment se fait-il que les fabricants ne prévoient pas ce genre de « détail» . Le détail en question se résumant à une interrogation : « où s’écoule l’eau de dégivrage ?»  Même Basile est resté perplexe face au goutte à goutte excessivement captivant !

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Quatre heures plus tard, la serpillère détrempée ayant été essorée plusieurs fois, l’affaire était pliée et les produits congelés replacés dans des tiroirs réfrigérants tout propres. Promis, dans six mois, je m’y remets.

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Jeudi, 8h00, veille de l’ouverture, nous sommes rue Sainte Claire au coeur de la vieille ville d’Annecy derrière un livreur qui débarque sur l’épaule des sacs de farine pour la boulangerie du coin. Nous partons tout de suite en quête des moules à babas, mais aussi et en vrac, d’un chinois étamine, de bougies et autre vieux Cognac… Une fois le restaurant ouvert, les toutes premières denrées font leur apparition. Les magrets de canard et filets de boeuf sont inspectés et rangés en chambre froide. Les essais culinaires de la carte vont pouvoir commencer. En salle, ultimes vérifications ; on range, on peaufine, on ajuste, on fleurit… Même le dessous des tables est astiqué ! En cuisine les choses sérieuses peuvent commencer. Chef Patrice procède au déballage des derniers ustensiles. Concentré, il teste et reteste : ici les dernières fonctionnalités du robot, là une association de  saveurs pas encore assez aboutie à son goût… Je n’en perds pas une miette. Aromatik a ceci d’agréable que l’on peut suivre le travail du chef de cuisine derrière ses fourneaux. L’aventure gourmande se poursuit. Mais puisque les images valent mieux que de longs discours…

robot

magrets

feux

test

Patrice

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L’ouverture d’Aromatik est une aventure humaine de taille… La famille, les amis, tous se sont mobilisés. Chacun avec un domaine de compétence identifié. Il y a d’abord eu la rénovation des lieux, puis l’agencement de la cuisine, la plomberie et ses effets de surprise [merci Charlie], les nettoyages en tous genres, les allers retours intempestifs pour acheter LA pièce manquante…

Pour les impatients, je vous dévoile la carte. Menu du marché le midi à 19 euros. Le soir, menus découverte et dégustation…

Les Entrées

Tomates mi-séchées vert de pistou et eau de tomate
Foie gras mi-cuit compotée de figues et raisin
Chipirons sautés artichaut barigoule et huile d’olive kalamata

Les poissons
Cabillaud caramélisé sur la peau carottes des sables émulsion de coquillages
Daurade vapeur bouillon corsé coco et feuille de lime

Les viandes
Filet de boeuf charlotte en purée sauce soja
Magret de canard poireaux et mangue poelée jus a l’olive

Les desserts
Poire pochée caramel de noix de Pécan
Tarte choco banane glace vanille Bourbon
Baba au vieux rhum crème fouettée ananas rôti

Restaurant Aromatik – 1 Passage des Clercs – 74000 Annecy – 0450518768

Couteaux

Je vous montre les couteaux de chef Patrice. Il ne rigole pas avec et en prend grand soin. Aujourd’hui, nous avons déballé les cartons de Crozes-Hermitage et autres flacons de Bordeaux. C’était assez excitant ! Demain dernière ligne droite avec les derniers tests en cuisine et les ultimes mises au points. Ouverture prévue ce vendredi. Belle et sacré aventure ;)

Lien vers l’acte III : Avant le coup de feu

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J’ai rejoint mes montagnes… plus précisément mon frère aux pieds des montagnes. Il n’y a rien à faire, lorsqu’on habite Paris, l’appel du large est plus fort que tout. Dès que j’ai une occasion de filer, je monte dans un train. Cette fois, la raison est particulièrement excitante… Aromatik est sur le point d’ouvrir ses portes… A quoi ressemble l’ouverture d’un restaurant ? Pas n’importe lequel, vous l’aurez compris, puisqu’il s’agit de celui de mon frère ! Chef de cuisine à Paris depuis une dizaine d’années dans de prestigieuses maisons telles le Lucas Carton, il a décidé de sauter le pas. A l’âge de dix ans, il connaissait déjà l’intitulé de son métier. « Plus tard, je serai pâtissier, chocolatier, glacier» … Les choses se sont affinées avec le temps, les mets salés ont pris toute leur place, mais le goût et les saveurs sont restés ses maîtres mots. Je vous conte dès demain -et en détails- les étapes de l’ouverture… Là, je cours, je vole, je file prendre mon train…

Lien vers l’acte II

Lien vers l’acte III : Avant le coup de feu

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Il annonce son arrivée en faisant tinter une cloche. J’ai d’abord cru qu’un temple tibétain s’installait non loin de chez moi. Même résonance. Et puis, non, je l’ai vu arrivé avec son attirail. Il faisait étape devant chaque immeuble et sonnait la cloche pour signifier sa présence. J’ai trouvé cela étonnant. Peut-être parce que je n’ai pas l’habitude de voir un rémouleur en bas de chez moi. Peut-être aussi parce que ce monsieur a une belle histoire. Je ne sais pas. Je suis allée chercher mes couteaux. Ceux que j’hésitais à mettre définitivement de côté. Avouez qu’un couteau qui ne coupe pas, c’est gênant. Il les a d’abord observés. Puis, tout en s’exécutant, il s’est mis à me raconter un petit bout de son histoire.

Remouleur

Il s’appelle René. A soixante quinze ans, il sillonne toujours les routes. La faute à une maigre retraite en perspective m’a-t-il expliqué. Le mécanisme ingénieux qui lui permet d’aiguiser les couteaux a été mis au point par son grand-père. Le même qui lui a appris le métier il y a de ça cinquante ans. C’est un ancien lit de bébé à barreaux associé à un système de chaîne de vélo monté à l’envers. Incroyablement astucieux.

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Cela m’a coûté dix euros. Au delà du plaisir d’utiliser à nouveau des couteaux en état de marche, j’ai eu le plaisir d’échanger avec René sur le métier d’artisan et la société d’hyper consommation. Et dire que j’avais failli acheter des couteaux neufs…

Rémouleur : artisan, généralement ambulant, qui aiguise les instruments tranchants

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Julie and Julia, le film. Nous y sommes allés le week-end dernier. A cette occasion -et puisqu’il faut bien manger trois fois pas jour- j’ai pu tester une nouvelle formule de wok à emporter dans cette très très grande galerie commerciale, de celle sur plusieurs étages qui donne le tourni. Ludique et plutôt correct niveau goût et niveau prix, je vous en reparlerai.

Le film est tout entier dédié à la pratique assidue de la cuisine. Meryl Streep, extravagante et facécieuse, campe une Julia Child plus vraie que nature. Elle s’investit dans le rôle à tel point que son corps tout entier est habité par la personnalité de Child. Elle parle, bouge et rit comme elle. Pour qui aime la nourriture et les bons sentiments, la réalisatrice, Nora Ephron [Quand Harry rencontre Sally, Le Diable s'habille en Prada], signe une belle adaptation du livre de Julie Powell paru au Seuil en 2008 [traduction de Claudine Richetin]. A la manière de The HoursJulie and Julia oscille entre deux époques, deux vies de femmes finalement pas si éloignées l’une de l’autre…

Le pitch. « 1948, Paris. Julia Child suit son mari et emménage dans la capitale. Ouverte, altruiste et dynamique, elle cherche désespérément une manière d’occuper son temps libre. Presque par hasard, réalisant qu’elle aime par-dessus tout la nourriture, surtout depuis qu’elle vit en France, elle décide de prendre des cours de cuisine…
2001, New-York. Julie Powell emménage tout juste dans le New-Jersey avec son mari. Son travail sans perspective et son entourage lui rappellent sans cesse qu’elle n’a jamais réussi à achever quoique ce soit, à commencer par son roman. Par défi personnel, elle décide de créer un blog qui suivra son aventure pendant un an : réaliser les 524 recettes du célèbre livre de Julia Child sur la cuisine française…» 

L’épisode du homard -qui figure d’ailleurs dans la bande annonce du film- est drôle et bien senti. Que celui ou celle qui n’a jamais ressenti une once d’appréhension en cuisinant pour la première fois un produit tel que le homard lui jète la première pierre ! J’aime beaucoup l’air d’Amy Adams - à la fois décidé du genre, « je vais te faire ta fête»  et tendre du style « pauvre bête» …

Julie Julia 2 bis

Mais quand faut y aller, faut y aller comme on dit. Voici l’histoire originelle des lobsters dans le livre de Julie Powell, donc, vous suivez ?

Julie Julia 3

Vous aimeriez bien la suite, alors la voilà :

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Sur ce coup là, on pourrait hâtivement résumer que son mari l’a sauvée. Mais enfin, ce serait extrêmement réducteur vous ne trouvez pas ? Disons, qu’il lui a donné un sacré coup de main pour achever la lourde tâche à laquelle elle s’était attelée ;)

Au cinéma, quand c’est ennuyeux, je jète des regards interrogateurs à mon Homme ; quand je suis touchée,  je pleurs ; et quand c’est drôle, je ris…fort de préférence. C’est d’ailleurs incroyable de voir à quel point le rire est communicatif dans une salle de cinéma. Essayez pour voir ! Enfin, si vous aimez le « bouffe bourguignon» , Jean-Pierre Ribaut, journaliste culinaire au Monde se lance dans une genèse en forme de clin d’oeil, ça vaut le détour et c’est que ça se passe.

Pour finir, deux petits conseils – si je peux me permettre- : allez le voir en VO. Ce serait dommage de manquer le jeu de contrastes vocaux d’une Julia Child américaine, parlant Français aux commerçants dans les rues de Paris. Et puis si vous pouvez manger avant d’y aller… sinon, ça pourrait vite devenir un supplice, je vous aurai prévenu  ;)

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Julie & Julia
Un film de Nora Ephron
Avec Meryl Streep, Amy Adams, Stanley Tucci, Chris Messina, Linda Emond & Mary Lynn Rajskub
Durée : 2h03

Fast Food

J’y vais très rarement, mais suffisamment pour savoir de quoi je parle. Ouvrons les yeux : tout comme la pizza qu’on réchauffe au micro onde, le fast food est une réalité. Il fait partie de la vie de beaucoup d’entre nous qui y mangent pour certains toutes les semaines, pour d’autres régulièrement. Restent les irréductibles. Toujours est-il que nous avons tous un avis sur la question, souvent tranché d’ailleurs. Il y a ceux qui adorent et qui ne manquent pas une occasion du jour ou de la nuit pour s’y rendre. Il y a ceux qui détestent et qui jurent qu’ils n’y metteront jamais les pieds. Et puis il y a les autres, dont je fais partie. Je dois reconnaître que je n’aime pas particulièrement ça, mais voilà, une ou deux fois par an, je me retrouve dans un fast food à faire la queue avec un bip bip en fond sonore et une odeur persistante dans les narines, un mélange improbable de gras et de sucre.

C’était dimanche, dans l’après-midi et nous n’avions pas déjeuné. Oui, on avait sauté un repas, on peut aussi le dire comme ça. Nous étions entre deux activités si vous préférez. Alors, dans ces cas là, pour certains, le fast food, c’est comme un phare dans la nuit, une sorte d’évidence. Le pire c’est que ça n’est pas donné cette affaire là : 15,30 euros pour deux, et sans excès hein, j’entends par là, pas de dessert lacté ou autre crème glacée qui croustille.

Ce que vous ignorez peut-être encore c’est que le fast food a décidé depuis peu de se donner bonne conscience. Il y a eu les publicités mettant en scène les producteurs de nos régions ; place à présent à l’information nutritionnelle. Il faut reconnaître qu’à première vue ils jouent le jeu, de manière à la fois pédagogique et ludique. Logos et codes couleurs servant même de points de repère sur les emballages. En dégustant mon sandwich à triple étage, je me suis demandée si les clients la lisaient cette information nutritionnelle ou si le simple fait d’imaginer que l’empire de la nourriture rapide prenait soin d’eux, leur suffisait ? Alors, moi, entre deux bouchées, j’ai essayé de comprendre ce qu’on voulait me dire. Je me suis arrêtée à la page où on détaille la facture énergétique de mon menu. Il était indiqué 1010 calories, soit 51% de mes besoins journaliers recommandés. Si je compte bien, et si je veux les respecter mes besoins, alors je comprends que ce soir il va falloir manger léger. En même temps, vu l’heure, je ne suis pas vraiment sûre d’avoir très faim. Nous mangeons trois fois par jour. En terme énergétique, ce repas, à lui seul, couvre donc aussi plus de la moitié de mon dîner de ce soir. Enfin, que dire du menu destiné aux enfants qui comporte, lui, 2,9 grammes de sel, soient 97% des besoins quotidiens ?

Lorsqu’on sait qu’un grand nombre de clients ajoute à son menu un dessert lacté ou glacé et que cela allourdit encore la facture énergétique, cela fait réfléchir… D’autant plus depuis la parution cet été d’un étude du World Cancer Research Fund-UK, (WCRF), Fonds mondial de recherche contre le cancer au Royaume-Uni, qui préconise une mise en garde contre les boissons glacées à base de café ou de chocolat, vendues dans certaines chaînes de distribution qui contiennent, pour certaines d’entre elles, plus de cinq cent calories. Dimanche, j’ai pu voir qu’à la dernière page du fascicule sur la nutrition, le géant de la nourriture rapide faisait la promotion de ce type de boissons mais omettait cette fois d’indiquer les points de repère nutritionnels…Entre information et caution nutritionelle, le coeur de la nourriture rapide balance…

Basilic, sauge, ciboulette, coriandre, ma préférée, et j’en passe… Elles donnent, pour les unes, une saveur exotique aux plats, pour les autres un arôme caractérisable entre tous. Elles me sont essentielles. Et pourtant, à la longue, elles coûtent cher. Un euro au marché en pleine saison pour un bouquet de basilic chez mon petit producteur du coin. Et jusqu’à un euro et quarante centimes en grande surface pour quelques tiges emballées dans une barquette en plastique rigide. Dans ce dernier cas, qu’est ce qui coûte le plus cher ? Le contenu ou le contenant ? Drôles de paradoxes parfois dans ces hypermarchés des gens préssés dont je fais partie… [Début de justification : D'habitude je m'organise, je planifie mes achats autant que faire ce peux et je me refuse à acheter ce type d'article...Fin de justification]

Côté gustatif, ce basilic n’a pas la saveur typée habituelle de la variété grand vert que j’utilise pour le pesto. Je ne suis pourtant pas de celle qui rechigne à payer la qualité des produits quand cela se justifie. Enfin, côté provenance, c’est précisément là que les choses se corsent. C’était le 27 août dernier. Jugez plutôt :

Basilic

Elle est venue à la nage la barquette ? Non, parce qu’au moment même où la grande distribution communique à grands renforts de publicité sur « les fruits et légumes de nos régions» , il y a là comme qui dirait contradiction avec le message. Soyons clairs, je n’ai rien contre le basilic isaëlien, là n’est pas mon propos. Mais au coeur de la saison, alors qu’il est possible d’en faire pousser dans de nombreuses régions de France, il n’y a rien à faire, je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je décroche mon téléphone. L’argument de la centrale d’achat que j’ai contactée : « nous faisons appel à des fournisseurs français qui ont leur propre production mais s’il existe une rupture de qualité ou de quantité d’herbes aromatiques, alors ces mêmes fournisseurs procèdent à un rachat en dehors du territoire. Israël étant un des plus gros producteurs au monde, cela s’explique ainsi» . Loin de me convaincre, cette explication confirme une chose : les produits alimentaires se mondialisent plus que jamais. A quand de la spéculation sur l’herbe… aromatique ?!

Dans le registre, on est jamais aussi bien servis que par soi-même, je remercie ma dealeuse de graines qui se reconnaîtra. Grâce à elle, je brave les éléments et si Dieu le veut, j’aurai des herbes aromatiques sur ma terrasse avant Noël ;)

Herbes aromatiques 1

panier legumes

De retour de Haute-Savoie, je vous présente mon panier de légumes pour la semaine. Il contient une scarole, des radis noirs, des radis roses d’hiver, un concombre (le Généreux, c’est son nom), des courgettes, des tomates (Cornu des Andes et Roma), ainsi que deux pots de confitures (prunes et groseilles). Quelle chance d’avoir des parents qui cultivent un potager ! Mais enfin, c’est tout de même à plus de 600 kilomètres. Comme je vous le disais ici même, j’aimerais pouvoir consommer une production locale de légumes. Pas facile, facile, mais je pense avoir trouvé.

Il ne s’agit pas d’une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), même si le principe de culture, lui, est identique. Le Potager de Marcoussis, puisque c’est son nom, a pour objectif de permettre l’insertion de personnes en grandes difficultés sociale et professionnelle par la mise en place d’un chantier permanent de maraîchage biologique. Les légumes produits tout au long de l’année sont distribués sous forme de paniers hebdomadaires. Leur contenu varie bien évidemment selon les saisons et les récoltes. Coût de l’opération, adhésion comprise : 8,24 euros par semaine pour un petit panier. Et 14,75 euros pour un panier plus fourni.

Le 24 août, le panier simple contenait 1 pochon de tomates, 1 pochon de carottes, 1 botte de navets et le panier double 1 pochon de carottes, 2 pochons de tomates, 1 botte de navets, courgettes, aubergines, basilic. La semaine précédente : pommes de terre, fraises, poivrons, tomates, fèves, et chou. Il me reste encore une question à régler avant d’envoyer mon bulletin d’adhésion : panier simple ou panier double ? J’hésite…

Carottes

Je ne parle pas musique mais bien légumes prêts à l’emploi. Les légumes de la 4ème gamme sont lavés épluchés et découpés industriellement. Ils sont ensuite conditionnés dans des emballages spécifiques (à teneur réduite en oxygène ce qui est censé éviter la destruction des vitamines par oxydation).

C’est un des grands succès de ces dix dernières années dans le domaine agro alimentaire. La cible ? Le consommateur préssé. Encore lui. Et la course folle se paie. La carotte râpée industrielle, marque distributeur, est 300 % plus chère que la carotte râpée maison. Je passe sur la liste des ingrédients, même si ça pourrait être franchement pire : carottes, eau, huile végétale, vinaigre d’alcool, sel, moutarde, amidon modifié de pommes de terre, arôme poivre [ah, on commence à jouer avec la boîte du petit chimiste], épaississants : E415 – E412, arômes naturels, sucre.

L’argument imparable que j’entends : « il vaut mieux manger des carottes râpées industrielles qu’un hamburger et des frites» . Pas faux. Mais tout de même ; c’est tellement vite fait de râper 2 carottes, d’ajouter un filet d’huile d’olive, un jus de citron et un peu de fleur de sel. Même pour un pack lunch dans une jolie boîte à bento colorée réutilisable.

marianne

Vous aviez remarqué ? Moi, j’ai failli passer à côté. Le gouvernement a profité de la trêve estivale pour modifier l’appellation du Ministère de l’Agriculture. Fraichement rebaptisé Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Vous me direz, ça change quoi ? Extrait du site Internet : « Le ministère a lancé en avril 2008 un plan d’action pour l’accès à une offre alimentaire sûre, diversifiée et durable qui intègre les orientations d’autres ministères (ministère en charge de la santé, ministère en charge de l’environnement). Ce plan vise à contribuer à l’éducation alimentaire de tous, en valorisant les filières de production durables et les actions des industriels en matière d’amélioration de l’offre alimentaire avec une attention particulière portée pour réduire l’injustice alimentaire vis à vis des populations les plus démunies» .

Sur le papier, ça fait drôlement envie. Espérons simplement que les écrits seront suivis d’actes. De deux choses l’une. Soit nous sommes face à une véritable volonté politique et, dans ce cas, laissons leur un peu de temps pour nous le prouver. Soit il s’agit d’un « coup de pub»  et auquel cas, ce serait bien mal joué, vu l’intérêt grandissant des familles françaises pour le contenu de leur assiette. A suivre …

Demain, retour dans ma cuisine avec la recette de la crème glacée amande noix de coco. Et sans turbine s’il vous plaît !