Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

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C’était le week-end dernier, nous allions voir Julie and Julia et une petite faim a eu raison de notre belle résolution qui ressemblait à quelque chose près à ça : »  la prochaine fois on mangera avant d’aller au cinéma» . Dans ce centre commercial comme il en existe tant dans notre beau pays, il y a bien un fast food jaune et rouge, un chinois qui se donne des faux airs de japonnais, une pseudo brasserie pizzeria quasi déserte à vous démoraliser un régiment… mais rien qui nous permette de nous restaurer en se faisant un minimum plaisir pour une somme acceptable.

C’est d’abord l’odeur qui m’a attirée. Des saveurs de street food et un cuisinier affairé en plein remuage de wok dans un centre commercial, c’est inhabituel. Tiens tiens… je décide de rentrer et là on me tend un contenant en plastique pour composer mon wok. On m’explique qu’il existe deux formules. Une sur place beaucoup plus chère, et une autre à emporter à neuf euros. J’opte pour la seconde. En fait, c’est le même système que pour les vis chez le géant vert du bricolage, vous payez une quantité choisie. Pour les férus de protéines animales, vous pouvez y aller. Mais, ça fonctionne aussi très bien si on est végétalien.

Dans une banque réfrigérée, il y avait donc des pois gourmands, des haricots mungo, des petits oignons, des fèves, des champignons de Paris, bref une multitude de légumes adaptés à la cuisson au wok. Il y avait aussi des pâtes, du riz, des crevettes, de la viande d’autruche et de … kangourou. Et oui ;(  Je demande alors au propriétaire des lieux d’où vient le produit, et il n’avait malheureusement aucune information à me communiquer. Dommage. Une fois mes légumes fétiches sélectionnés, je me dirige vers la cuisine ouverte. On me demande de choisir une sauce parmi plusieurs propositions… Ce sera finalement lait de coco et citron vert ; ben oui, on ne change pas une association qui fonctionne ! Les légumes et les crevettes sont ensuite plongés dans un bouillon brûlant quelques minutes puis saisis énergiquement dans le wok. Une fois attablée, voici ce que ça donne visuellement.

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Alors c’était bon ? C’était pas mal. A mon avis le bouillon mériterait d’être davantage assaisonné (avec de la citronnelle par exemple) et les légumes cuits un poil plus longtemps. Sinon, très franchement, on mange chaud, voir même très chaud – je me suis limite brûlée pour arriver à temps pour le début du film- Gustativement ce n’est pas de la grande cuisine mais ça se mange avec un certain plaisir. Pour finir, je dois vous avouer que j’ai ressenti un chouilla de satisfaction quand j’ai réalisé que, du coup, j’avais échappé à ça :

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OZE - Food and Bar à Monptellier et Montigny le Bretonneux pour l’instant. A suivre…

Carottes

Je ne parle pas musique mais bien légumes prêts à l’emploi. Les légumes de la 4ème gamme sont lavés épluchés et découpés industriellement. Ils sont ensuite conditionnés dans des emballages spécifiques (à teneur réduite en oxygène ce qui est censé éviter la destruction des vitamines par oxydation).

C’est un des grands succès de ces dix dernières années dans le domaine agro alimentaire. La cible ? Le consommateur préssé. Encore lui. Et la course folle se paie. La carotte râpée industrielle, marque distributeur, est 300 % plus chère que la carotte râpée maison. Je passe sur la liste des ingrédients, même si ça pourrait être franchement pire : carottes, eau, huile végétale, vinaigre d’alcool, sel, moutarde, amidon modifié de pommes de terre, arôme poivre [ah, on commence à jouer avec la boîte du petit chimiste], épaississants : E415 – E412, arômes naturels, sucre.

L’argument imparable que j’entends : « il vaut mieux manger des carottes râpées industrielles qu’un hamburger et des frites» . Pas faux. Mais tout de même ; c’est tellement vite fait de râper 2 carottes, d’ajouter un filet d’huile d’olive, un jus de citron et un peu de fleur de sel. Même pour un pack lunch dans une jolie boîte à bento colorée réutilisable.