Coût de fourchette
Le goût a-t-il forcément un coût ?

Basilic, sauge, ciboulette, coriandre, ma préférée, et j’en passe… Elles donnent, pour les unes, une saveur exotique aux plats, pour les autres un arôme caractérisable entre tous. Elles me sont essentielles. Et pourtant, à la longue, elles coûtent cher. Un euro au marché en pleine saison pour un bouquet de basilic chez mon petit producteur du coin. Et jusqu’à un euro et quarante centimes en grande surface pour quelques tiges emballées dans une barquette en plastique rigide. Dans ce dernier cas, qu’est ce qui coûte le plus cher ? Le contenu ou le contenant ? Drôles de paradoxes parfois dans ces hypermarchés des gens préssés dont je fais partie… [Début de justification : D'habitude je m'organise, je planifie mes achats autant que faire ce peux et je me refuse à acheter ce type d'article...Fin de justification]

Côté gustatif, ce basilic n’a pas la saveur typée habituelle de la variété grand vert que j’utilise pour le pesto. Je ne suis pourtant pas de celle qui rechigne à payer la qualité des produits quand cela se justifie. Enfin, côté provenance, c’est précisément là que les choses se corsent. C’était le 27 août dernier. Jugez plutôt :

Basilic

Elle est venue à la nage la barquette ? Non, parce qu’au moment même où la grande distribution communique à grands renforts de publicité sur « les fruits et légumes de nos régions» , il y a là comme qui dirait contradiction avec le message. Soyons clairs, je n’ai rien contre le basilic isaëlien, là n’est pas mon propos. Mais au coeur de la saison, alors qu’il est possible d’en faire pousser dans de nombreuses régions de France, il n’y a rien à faire, je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je décroche mon téléphone. L’argument de la centrale d’achat que j’ai contactée : « nous faisons appel à des fournisseurs français qui ont leur propre production mais s’il existe une rupture de qualité ou de quantité d’herbes aromatiques, alors ces mêmes fournisseurs procèdent à un rachat en dehors du territoire. Israël étant un des plus gros producteurs au monde, cela s’explique ainsi» . Loin de me convaincre, cette explication confirme une chose : les produits alimentaires se mondialisent plus que jamais. A quand de la spéculation sur l’herbe… aromatique ?!

Dans le registre, on est jamais aussi bien servis que par soi-même, je remercie ma dealeuse de graines qui se reconnaîtra. Grâce à elle, je brave les éléments et si Dieu le veut, j’aurai des herbes aromatiques sur ma terrasse avant Noël ;)

Herbes aromatiques 1

Sans meringue… j’aime pas trop ça. Question de préférence. Pour cette recette, je me suis librement inspirée de celle, très aboutie, de Cléa. J’ai simplement modifié les proportions de la pâte sucrée et en ai profité pour ajouter de la poudre d’amande à la place d’une partie de la farine. Pour l’appareil, j’ai suivi à la lettre ses instructions. Particularité de cette recette : si on anticipe le repos de la pâte, elle est facile et rapide à réaliser. Que du bonheur je vous dis !

Tarte au citron

Pour 6 personnes

Coût : 68 centimes par personne. Et oui ! Qui a dit que la pâtisserie, c’était pas donné ;)

Temps à prévoir pour la pâte : 15 minutes de préparation + 2 heures de repos + 25 minutes de cuisson. Pour l’appareil : 15 minutes de préparation et de cuisson

Ingrédients

Pour la pâte (recette extraite du livre : Le Larousse des desserts)

  • 105 grammes de farine : 10 centimes
  • 45 grammes de sucre glace : 15 centimes
  • 1 oeuf entier : 35 centimes
  • 65 gramme de beurre : 24 centimes
  • 15 grammes de poudre d’amande : 45 centimes
  • 1 pincée de sel

Préparation

Dans une terrine, coupez le beurre en petits morceaux. Malaxez le avec une cuillère en bois pour bien l’assouplir, puis ajoutez successivement le sucre glace, la poudre d’amande, le sel, l’oeuf, et, enfin la farine en tournant chaque fois jusqu’à ce que le nouvel ingrédient soit bien incorporé. Formez rapidement une boule et enveloppez la dans du film alimentaire. Une précision qui a son importance : plus vous malaxerez la pâte une fois la farine incorporée, plus vous ferez ressortir le gluten et rendrez alors la pâte élastique, ce qui n’est pas souhaitable. J’ai laissé reposé une nuit entière au réfrigérateur, mais 2 heures sont amplement suffisantes.

Préchauffez le four à 190°C. Beurrez légèrement votre moule. Etalez la pâte avec la paume de la main dans un moule de 20-25 centimètres de diamètre. Piquez le fond avec une fourchette et posez par dessus un disque de papier sulfurisé suffisament large pour recourvrir les bords. Ajoutez des légumes secs. Baissez la température du four à 180°C et enfournez pour 25 minutes. Vérifiez la cuisson.

Ingrédients

Pour l’appareil

  • 4 citrons non traités : 1,40 euros
  • 125 grammes de sucre de Canne : 22 centimes
  • 1 cuillère à soupe de Maïzena : 10 centimes
  • 3 oeufs : 1,05 euros

Préparation

Zestez 2 citrons et pressez les 4. Versez le jus dans une casserole. Ajoutez le sucre et la maïzena délayée dans un tout petit peu d’eau. Faites fondre le sucre à feu doux. Dans le saladier, fouettez les oeufs. Toujours en fouettant, ajoutez le mélange citron-sucre, puis replacez dans la casserole. A feu vif, toujours en fouettant, faire épaissir la crème pendant quelques minutes. Versez sur le fond de pâte. Réservez au réfrigérateur au minimum 2 heures.

Les jours raccourcissent déjà mais l’été est encore bien présent. Lorsqu’il fait chaud, souvent pour le déjeuner, j’aime marier des saveurs typées et rafraîchissantes. Jusque là, rien de bien original ! Ce qui l’est un peu plus, c’est la combinaison poire et poivre cinq baies. Ce dernier accompagne d’ailleurs un grand nombre de mes plats. Par habitude et par goût. Le poivre cinq baies, c’est du poivre noir, blanc et vert, des baies roses entières, de la coriandre en graine et enfin du piment de Jamaïque. A la différence du poivre classique, celui-ci réhausse subtilement la saveur des plats sans jamais piquer le nez …

Poivre2

La première salade est donc composée de Quinoa, pamplemousse et poire. Le pomelos rose (variété star ruby si vous trouvez) fournit, soit dit en passant, autant de vitamines C qu’une orange avec deux fois moins de sucre. Choisissez le ferme et lourd, gages de qualité.

Pour 2-3 personnes

Coût :  1,26 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation et de cuisson

Ingrédients

  • 1 verre de quinoa  soit environ 120 grammes : 72 centimes
  • 1 pamplemousse rose : 1 euro
  • 1 poire Conférence à point : 50 centimes
  • 1 filet d’huile d’olive
  • curcuma
  • Fleur de sel et poivre 5 baies. Assaisonnement : 30 centimes

Préparation

Dans une casserole d’eau bouillante, jetez une cuillère à café de curcuma, du gros sel et versez en pluie le quinoa. Laissez cuire une dizaine de minutes selon la texture désirée. Décortiquez le pamplemousse. Enlevez bien toutes les peaux blanches et l’enveloppe. Réservez et faites refroidir le quinoa. Coupez la poire en cube. Associez les différents ingrédients dans un bol et ajoutez un filet d’huile d’olive, de la fleur de sel et du poivre cinq baies.

 Entrée rafraichissante

On continue en douceur avec mon tube de l’été à moi que je mange, je dois l’avouer, au moins une fois par semaine, sans jamais encore m’en être lassée. J’ai nommé la traditionnelle salade aux couleurs de l’Italie composée de Tomates, concombre, feta et olives noires.

Salade d'été 3

Pour 2-3 personnes

Coût :  1,20 euros par personne

Temps : 10 minutes de préparation

Ingrédients

  • 1 concombre : 1 euro
  • 1 tomate grappa ou encore plus goûteuse, mais plus chère, Noire de Crimée ou Cornu des Andes : 10 centimes
  • 1 morceau généreux de feta : 80 centimes
  • 5 olives noires à la Grecque bien mûres et dénoyautées. J’utilise une marque qu’on trouve facilement dans la grande distribution : Tramier. Elles sont produites au Maroc. 10 centimes
  • 1 filet d’huile d’olive
  • 1 petit filet de vinaigre balsamique
  • Fleur de sel et poivre 5 baies
  • Quelques feuilles de Basilic
  • Graines de sésames. Assaisonnement : 50 centimes

Préparation

Epluchez et épépinez le concombre. Coupez le en petits morceaux. Lavez et couper la tomate. Ajoutez les dés de féta, ainsi que les olives noires que je prends soin de recouper. Versez un filet d’huile d’olive et de vinaigre balsamique, la fleur de sel et le poivre. Mélangez. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si besoin est. Parsemez de graines de sésame et de basilic.

Demain, c’est vendredi, et le vendredi, ne me demandez pas pourquoi, mais c’est place au sucré…sans doute en prévision du dimanche soir qui précède le retour au travail…même si, en ce qui me concerne, j’ai la chance de pouvoir temporairement cassé cette routine ;)  Alors, une tarte au citron, ça vous tente ?!

Omelette

Je ne vais pas vous mentir ; il y a des soirs de grande lassitude culinaire. Je tourne en rond dans ma petite cuisine, j’ouvre le frigo, je regarde du côté du placard à épices… Rien. Pas une ombre d’inspiration. L’Homme bien aimé est rentré. Il est affamé et débute une série de vas et viens incessants en direction du réfrigérateur. Il est grand temps d’agir. Hop, hop, hop… Une poêle, des oeufs et un fouet me seront nécessaires pour sortir de l’impasse… Ce ne sera pas la cuisine des grands soirs, et alors ?!

Pour 2 personnes

Coût : 1,50 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation et de cuisson

Ingrédients

  • 1 gros oignon rouge : 20 centimes
  • 4 oeufs bio : 1,40 euros
  • 1 tomate : 10 centimes
  • 1 morceau généreux de feta : 80 centimes 
  • 1 cuillère à soupe de vin blanc
  • 1 pincée de sucre de Canne
  • coriandre fraîche
  • sel, poivre 5 baies. Assaisonnement : 50 centimes

Préparation

Emincez finement l’oignon rouge. Le faire revenir dans une poêle avec un petit filet d’huile d’olive. Ajoutez la tomate coupée en morceaux et préalablement lavée. Faites caraméliser le tout pendant une bonne dizaine de minutes avec une pincée de sucre. Ajoutez une rasade de vin blanc en cours de cuisson. Salez et poivrez

Battez les oeufs en omelette avec une petite pincée de sel en oxygénant le mélange avec un fouet manuel dans un récipient assez grand . Vous devez obtenir des oeufs battus mousseux. Ajoutez ce mélange aux oignons. Parsemez de morceaux de feta. Homogénéisez l’ensemble avec une cuillère en bois en remuant. Laissez cuire à feu doux en prenant soin de « trouer»  l’omelette aux endroits où la cuisson est plus lente.

Laissez cuire plus ou moins longtemps selon vos goûts. Ciselez un peu de coriandre sur le dessus. Servez avec une salade verte vinaigrée. Morale de l’histoire : j’essaye toujours d’avoir à disposition dans ma cuisine un certain nombre de produits de base. Les soirs où l’inspiration ne vient pas, cela me permet d’improviser un plat en associant ça et là quelques produits faits pour s’entendre…

panier legumes

De retour de Haute-Savoie, je vous présente mon panier de légumes pour la semaine. Il contient une scarole, des radis noirs, des radis roses d’hiver, un concombre (le Généreux, c’est son nom), des courgettes, des tomates (Cornu des Andes et Roma), ainsi que deux pots de confitures (prunes et groseilles). Quelle chance d’avoir des parents qui cultivent un potager ! Mais enfin, c’est tout de même à plus de 600 kilomètres. Comme je vous le disais ici même, j’aimerais pouvoir consommer une production locale de légumes. Pas facile, facile, mais je pense avoir trouvé.

Il ne s’agit pas d’une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP), même si le principe de culture, lui, est identique. Le Potager de Marcoussis, puisque c’est son nom, a pour objectif de permettre l’insertion de personnes en grandes difficultés sociale et professionnelle par la mise en place d’un chantier permanent de maraîchage biologique. Les légumes produits tout au long de l’année sont distribués sous forme de paniers hebdomadaires. Leur contenu varie bien évidemment selon les saisons et les récoltes. Coût de l’opération, adhésion comprise : 8,24 euros par semaine pour un petit panier. Et 14,75 euros pour un panier plus fourni.

Le 24 août, le panier simple contenait 1 pochon de tomates, 1 pochon de carottes, 1 botte de navets et le panier double 1 pochon de carottes, 2 pochons de tomates, 1 botte de navets, courgettes, aubergines, basilic. La semaine précédente : pommes de terre, fraises, poivrons, tomates, fèves, et chou. Il me reste encore une question à régler avant d’envoyer mon bulletin d’adhésion : panier simple ou panier double ? J’hésite…

Carottes

Je ne parle pas musique mais bien légumes prêts à l’emploi. Les légumes de la 4ème gamme sont lavés épluchés et découpés industriellement. Ils sont ensuite conditionnés dans des emballages spécifiques (à teneur réduite en oxygène ce qui est censé éviter la destruction des vitamines par oxydation).

C’est un des grands succès de ces dix dernières années dans le domaine agro alimentaire. La cible ? Le consommateur préssé. Encore lui. Et la course folle se paie. La carotte râpée industrielle, marque distributeur, est 300 % plus chère que la carotte râpée maison. Je passe sur la liste des ingrédients, même si ça pourrait être franchement pire : carottes, eau, huile végétale, vinaigre d’alcool, sel, moutarde, amidon modifié de pommes de terre, arôme poivre [ah, on commence à jouer avec la boîte du petit chimiste], épaississants : E415 – E412, arômes naturels, sucre.

L’argument imparable que j’entends : « il vaut mieux manger des carottes râpées industrielles qu’un hamburger et des frites» . Pas faux. Mais tout de même ; c’est tellement vite fait de râper 2 carottes, d’ajouter un filet d’huile d’olive, un jus de citron et un peu de fleur de sel. Même pour un pack lunch dans une jolie boîte à bento colorée réutilisable.

Glace amande

J’y pensais depuis un certain temps mais je ne m’étais jamais lancée. Je n’avais pas de turbine. C’était devenu mon argument rassurant. Et puis, l’autre après-midi, j’ai ouvert le livre de pâtisserie du grand Pierre. Pierre Hermé. En lisant  la recette de « la glace aux amandes» , je me suis dit que finalement ça devait être possible sans grosse machine. C’est assez excitant de réaliser une crème glacée. Je ne saurai pas vraiment vous expliquer pourquoi. Sans doute cela est-il dû au petit côté magique de l’opération. N’ayant pas de lait entier, j’ai ajouté à mon lait demi-écrémé quelques décilitres de crème de noix de coco ainsi qu’un peu de crème d’amande.

Pour 4 personnes (1/2 litre de glace)

Coût : 1,035 euros par personne

Temps : 20 minutes de préparation + 1 nuit au congélateur

Ingrédients

  • 35 grammes d’amandes douces : 1,20 euros
  • 25 cl de lait 1/2 écrémé : 29 centimes
  • 100 ml de crème de noix de coco soit 1/2 briquette : 75 centimes
  • 1 cuillère à café de purée d’amandes blanches Jean Hervé : 10 centimes
  • 2 jaunes d’oeufs : 70 centimes
  • 60 grammes de sucre semoule : 10 centimes
  • 1 gousse de vanille fendue et grattée : 1 euro

Préparation

Faites légèrement torréfier les amandes à la poêle en prenant soin de remuer régulièrement. Hachez les finement sur une planche. Très fin si vous n’aimez pas les petits morceaux croquants dans la glace.

Faites chauffez le lait 1/2 écrémé dans lequel vous ajoutez la crème de coco et la cuillère de purée d’amandes. Délayez le tout au fouet manuel sur le feu. Amenez la préparation à ébulition. Ajoutez les amandes hachées. Mélangez et retirez du feu.

Dans une casserole, fouettez légèrement les jaunes d’oeufs avec le sucre puis versez dessus le lait aux amandes et à la noix de coco. Remettez la casserole sur le feu jusqu’à ce que la préparation soit bien homogène en fouettant toujours. Grattez la gousse de vanille et laissez la infuser dans la préparation 30 minutes hors du feu.

Mettez à glacer – idéalement dans un moule à glace en inox - sur une surface plane. Au bout d’une heure trente, ressortez la crème et homogénéisez le tout en remuant avec une cuillère. Même opération 1 heure plus tard. Enfin, laissez prendre la crème une nuit entière. Prenez soin de sortir la crème glacée du congélateur 10 minutes avant dégustation.

marianne

Vous aviez remarqué ? Moi, j’ai failli passer à côté. Le gouvernement a profité de la trêve estivale pour modifier l’appellation du Ministère de l’Agriculture. Fraichement rebaptisé Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Vous me direz, ça change quoi ? Extrait du site Internet : « Le ministère a lancé en avril 2008 un plan d’action pour l’accès à une offre alimentaire sûre, diversifiée et durable qui intègre les orientations d’autres ministères (ministère en charge de la santé, ministère en charge de l’environnement). Ce plan vise à contribuer à l’éducation alimentaire de tous, en valorisant les filières de production durables et les actions des industriels en matière d’amélioration de l’offre alimentaire avec une attention particulière portée pour réduire l’injustice alimentaire vis à vis des populations les plus démunies» .

Sur le papier, ça fait drôlement envie. Espérons simplement que les écrits seront suivis d’actes. De deux choses l’une. Soit nous sommes face à une véritable volonté politique et, dans ce cas, laissons leur un peu de temps pour nous le prouver. Soit il s’agit d’un « coup de pub»  et auquel cas, ce serait bien mal joué, vu l’intérêt grandissant des familles françaises pour le contenu de leur assiette. A suivre …

Demain, retour dans ma cuisine avec la recette de la crème glacée amande noix de coco. Et sans turbine s’il vous plaît !

Gaspacho

Il fait chaud, très chaud. Rien de tel qu’un gaspacho bien frais. Et puis, à défaut d’être partie à l’étranger cet été, j’ai au moins un peu l’impression d’être en Espagne.  À l’origine, le gazpacho andalou est un plat pauvre de paysans. Ils récupèraient le pain sec de la veille pour le malaxer au mortier avec du vinaigre, des fruits secs et de l’ail. Pas grand chose à voir avec celui dégusté aujourd’hui sur la Costa del Sol. C’est parce qu’il est devenu rouge entre temps. Grâce à la tomate arrivée à Séville au XVIème siècle. Point de mie de pain dans mon gaspacho mais une belle texture tout de même. Pour cette recette, je me suis inspirée de celle proposée par le restaurant étoilé l’Ambroisie.

Pour 4 personnes

Coût : 1,35 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation + 2 heures au réfrigérateur

Ingrédients

  • 1 bouquet de basilic : 1 euro
  • 1 kilo de tomates grappe : 1,75 euros
  • 1/2 concombre : 50 centimes
  • 1 poivron rouge : 30 centimes
  • 1 jaune d’oeuf bio : 35 centimes
  • 1 petit oignon blanc
  • 1 petite gousse d’ail ou 1/2 si elle est grosse
  • 1 dl de vinaigre de Xérès
  • 2 dl d’huile d’olive
  • 1 morceau de sucre de canne
  • sel & poivre 5 baies. Assaisonnement : 1,50 euro

Préparation

Epluchez et épépinez le concombre et le poivron. Enlevez bien la petite peau blanche qui donnerait de l’amertume. Coupez tout les légumes en cubes moyens et mettez les dans un saladier avec le vinaigre et l’huile d’olive ainsi que l’oignon blanc, la gousse d’ail écrasée, le sel, le poivre, le morceau de sucre et le basilic. Mélangez, couvrez et laissez reposer le tout 2 heures minimum au réfrigérateur.
Mixez le tout pendant dix bonnes minutes, idéalement au blender. N’en possédant pas, j’ai utilisé mon mixer plongeant. Petit conseil : la qualité de la texture finale dépend du temps que vous aurez passé à mixer. J’en avais plein les oreilles, mais j’ai persévéré. A ce stade, les pépins de la tomate ne sont plus censés être perceptibes au palais. Si vous avez un chinois, c’est le moment de le sortir.
Dans un saladier mettez le jaune d’oeuf ainsi qu’une bonne louche du mélange et montez au fouet comme une mayonnaise avec une bonne rasade d’huile d’olive. Incorporez à l’aide du mixeur le reste du gaspacho. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement. Résevez au frais.

Idéalement, pour casser l’acidité de la tomate, vous pouvez remplacer le morceau de sucre par de la pastèque, mais à 4,50 euros du kilo, je passe mon tour. Je résume. Il fait chaud, le but était de réaliser une petite entrée rafraîchissante… jusqu’à ce que mon homme me dise au moment de la dégustation :  « Ce serait bon, chaud, sur des pâtes … non ?!!»  Pfff…

Velouté

Ca n’a échappé à personne, c’est la pleine saison des courgettes. Pour celles et ceux qui en ont dans leur jardin, rien de plus facile. Pour les autres, dont je fais partie, les marchés en proposent à 1 euro du kilo. A mon avis, on peut en trouver encore moins cher dans le sud de la France. C’est le moment d’en profiter et de dire merci aux italiens. Au XVIIIème siècle, ce sont eux qui découvrent sur leurs terres une variété de courge brillante et aqueuse. Ils décident de la consommer avant sa pleine maturité et apprécient le goût de cette » zucchina»  tout juste baptisée. En Amérique du Sud, cela faisait bien longtemps que les Indiens la cultivaient. Ils tentaient même déjà d’en améliorer les qualités en sélectionnant certains spécimens …

Pour 4-5 personnes

Coût : 1,025 euros par personne

Temps : 20 minutes de préparation

Ingrédients

  • 2 kilos de courgettes : 2 euros
  • 1 poireau nouveau : 1 euro
  • 2 échalotes : 20 centimes
  • 1 oignon blanc : 20 centimes
  • 2 gousses d’ail : 10 centimes
  • 1 cc de gingembre moulu : 10 centimes
  • 1 tablette de bouillon de légumes BIO : 20 centimes
  • Sel et poivre 5 baies
  • 1 filet d’huile d’olive
  • 1 trait de crème fleurette : assaisonnement : 30 centimes

Préparation

Dans une poêle, verser un filet d’huile d’olive. Ajoutez le poireau, l’oignon, les échalotes et les gousses d’ail émincés. Faites revenir à feu moyen en remuant de temps à autre pendant 5 minutes. Ajoutez le gingembre. La quantité est difficile à préciser ; cela dépendra de votre goût. L’épice doit chauffer quelques minutes à feu moyen pour en exhaler tous les parfums.

Epluchez les courgettes. Vous pouvez conserver la peau une rangée sur deux ; la couleur du velouté n’en sera que plus verte. Les passer sous l’eau. Les couper en morceaux moyens et les ajouter dans la poêle. Salez et poivrez. Augmentez le feu et mélangez de temps à autre pendant 5 autres minutes. Ajoutez le cube de bouillon de légumes et 400 mililitres d’eau. Couvrir et laissez mijoter 5 autres bonnes minutes.

Mixez votre préparation au blender ou au mixer plongeant. Goûtez et rectifiez l’assaisonnement si besoin est. Vous devez obtenir une texture velouté. Selon sa grosseur, la courgette aura rendu plus ou moins d’eau. Si vous obtenez une préparation trop épaisse ; rajoutez un peu de lait ; au contraire si elle est trop liquide ; faites réduire le tout à découvert sur le feu. Au dernier moment, ajoutez un trait généreux de crème fleurette. Donner un dernier coup de mixeur. C’est prêt.

Ce velouté se déguste tiède ou glacé. A 30 Kcal les 100 grammes, il n’y a vraiment pas de quoi s’en priver. Qui a dit que bien manger c’était compliqué ?!

Courses

« Bien se nourrir coûte cher !»  Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Dans un premier temps, ça me rend perplexe. Dans un second, ça aiguise ma curiosité. Sur « Coût de fourchette» , j’indique le coût matières par personne de chaque recette. Mon but ? Connaître le plus précisément possible mon budget alimentaire mensuel. Considérez que ma cuisine est une sorte de mini laboratoire d’expérimentations qui va me permettre de vérifier s’il est possible de bien manger à moindre frais.  Je ne suis qu’au début de l’aventure et  j’ai conscience que je ne suis pas à l’abri de petites surprises dont vous aurez ici même le récit…

Considérant qu’une génération est marquée par les habitudes de vie qu’elle adopte vers l’âge de 25-30 ans, le CREDOC a étiqueté les comportements alimentaires générationnels. Cette catégorisation nous rapelle que l’histoire a inévitablement induit certaines approches culinaires.

1907-1916 : génération pénurie. Ces individus ont eu 25 ans entre 1932 et 1941, période de crise (le krach boursier a touché la France plus tard que les autres pays) et de guerre. Leur comportement se caractérise par la consommation de la pomme de terre. Ayant connu les guerres et les privations, ils lui restent très fidèles.

1917-1926 : génération rationnement. Les individus issus de cette génération ont eu 25 ans entre 1942 et 1951, périodes des rationnements alimentaires en France. Leurs comportements sont assez proches de ceux de la génération «pénurie».

1927-1936 : génération réfrigérateur. Elle regroupe les individus qui ont eu 25 ans entre 1952 et 1961, c’est-à-dire au moment où un nouveau mode de conservation des aliments est apparu, le réfrigérateur, qui va changer les comportements alimentaires en permettant une meilleure conservation des produits.

1937-1946 : génération robot électrique. Elle correspond aux individus qui ont eu 25 ans entre 1962 et 1971 et qui ont à leur tour connu une révolution dans la préparation des repas : l’apparition du robot électrique, qui permet un gain de temps considérable et va contribuer à diminuer le temps de préparation des repas. C’est à partir de cette génération que va se développer la consommation de produits exotiques.

1947-1956 : génération hypermarchés. Les individus appartenant à cette génération ont eu 25 ans entre 1972 et 1981, époque du développement des hypermarchés que cette génération fréquente volontiers. C’est avec cette génération que la durée de préparation des repas s’est mise à diminuer.

1957-1966 : génération livraison à domicile. Les individus appartenant à cette génération ont eu 25 ans entre 1982 et 1991. C’est à cette période qu’ils ont pris l’habitude de consommer des plats achetés préparés, préférant consacrer leur temps libre à d’autres activités que la préparation des repas.

1967-1976 : génération « hard discount ». Elle correspond aux individus qui ont eu 25 ans entre 1992 et 2001. Délaissant les hypermarchés, de plus en plus infidèles aux marques, ces consommateurs, fortement attachés au rapport qualité – prix, se tournent vers les hard discounts. Cette génération marque une rupture dans le respect des horaires des repas. Dans cette génération, 25 % des individus de 30 ans ne dînent pas à heure fixe, alors que pour la génération précédente, au même âge, 20% seulement variaient l’heure du dîner.

Selon l’INSEE, en 2009, les ménages français consacrent 14% de leur budget à l’alimentation contre 20 % en 1960. Au cours de ce demi siècle, le comportement alimentaire a changé en fonction notamment de l’évolution des modes de vie. Jusque là, rien de nouveau. Mais dans sa publication du mois de juin dernier, le CREDOC fait état « d’une baisse des dépenses de consommation alimentaire en volume en 2008. Les Français achèteraient donc moins de produits transformés prêts à consommer, et cette période de crise favoriserait le retour aux fondamentaux, notamment à la cuisine faite maison, plus économique, plus conviviale et plus saine» . La voici la news encourageante même si -dans le même temps- l’alimentation reste considérée comme une variable d’ajustement du budget alors qu’elle répond à un besoin vital.

Alors, concrètement, on dépense combien ? 492,50 euros en moyenne pour un ménage type chaque mois en 2006 (ce chiffre exclu les dépenses alimentaires hors foyer). Les familles obligées de budgétiser de manière drastique leurs dépenses alimentaires sont de plus en plus nombreuses. La faute notamment à la hausse du prix des matières premières (céréales, lait …) qui rentrent dans la composition de nombreux produits (pâtes, pain, produits laitiers…). La faute aussi à l’inertie des distributeurs qui se refusent à répercuter les baisses quand le marché fléchit. Pour essayer d’y voir clair, je compte d’ailleurs aborder prochainement la question des marges réalisées par les distributeurs sur certains produits de grande consommation.

Concrètement, comment faire pour que le budget alimentaire n’explose pas ? Je commence par scruter le contenu de mon caddie. Je consomme des produits moins élaborés ; je privilégie les circuits cours. Enfin, je cuisine encore et encore parce que ça reste le meilleur moyen de faire baisser la note tout en mangeant sainement. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

Pesto

Bon et vite fait. Avec un petit verre de rosé et un bon film, c’est pas compliqué de se la faire belle, la vie, parfois ! Pesto ou approchant, c’est comme vous voulez, laissez parler votre instinct et vos envies ; la qualité des produits choisis fera le reste.

Pour 2 personnes si l’appetit est féroce, sinon 3 !

Coût : 2,43 euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation

Ingrédients

  • 250 grammes de spaghettoni N°7 : 85 centimes
  • 1 tomate : 20 centimes
  • Parmesan parmigiano reggiano : 1 euro
  • Pignons. Privilégiez les pignons en provenance du sud-ouest ou d’Italie. Ceux vendus en grande surface viennent souvent de Chine et la variété est moins goûteuse. : 1,50 euros
  • 1 bouquet de basilic frais : 1 euro
  • 1 gousse d’ail
  • Huile d’olive : 30 centimes
  • 1 feuille de laurier
  • Gros sel
  • 1 mortier et 1 pilon
  • quelques gouttes de citron

Préparation

Dans votre plus grande marmite, mettre de l’eau à bouillir, une feuille de laurier, un filet d’huile d’olive et du gros sel. Suffisamment. Hier soir, mon homme, -qui maitrise à la perfection la cuisson de la pasta- m’a dit : « elles doivent être salées dans la masse !»  Ah oui, heu d’accord, je serai vigilante à l’avenir !

Dans une poêle anti-adhésive, faites dorer quelques minutes à sec les pignons. Les réserver. Dans la même poêle, faites réduire à feu doux sans matière grasse une tomate coupée en morceaux. Remuez de temps à autre.

Dans le mortier, ajoutez les feuilles préalablement lavées du bouquet de basilic frais -je compte d’ailleurs revenir prochainement sur le coût d’achat des herbes aromatiques – Ajoutez également le parmesan, la gousse d’ail écrasée, les pignons et au fur et à mesure une bonne rasade d’huile d’olive. Goûtez et rajoutez l’un ou l’autre des produits. La consistance doit être grumeleuse.

Après 11 minutes de cuisson, les pâtes al dente rejoindront la tomate réduite. Ajoutez alors la préparation au basilic. Faites revenir le tout sur feu doux 3 minutes en ajoutant quelques gouttes de citron (le petit secret des cuisiniers italiens). Mélanger délicatement et servir.

Sigle BIO

J’essaye de consommer des légumes cultivés localement. Soyons clairs, ça n’est pas facile. D’autant plus en région parisienne où les producteurs désertent les marchés au profit des revendeurs. Je me rends aussi à la Biocoop du coin environ une fois par mois pour y acheter au détail du riz, de la farine, du sucre,  certaines huiles, quelques produits frais comme le tofu, le lait, les oeufs et enfin un ou deux produits d’entretien pour la maison… Rien de systématique chez moi donc. La semaine dernière, j’ai cependant été interpelée par la publication d’un rapport détaillé sur la nourriture biologique par la Food Standards Agency (FSA), l’agence britannique chargée de la sécurité alimentaire.

Selon le quotidien Libération « les chercheurs de la London School of Hygiene and Tropical Medecine ont réalisé une méta-analyse, c’est-à-dire une étude d’études publiées au cours des cinquante dernières années. A partir de 52 471 articles sur le sujet, deux chercheurs ont isolé 162 études, dont 137 sur les cultures et 25 sur les produits d’élevage, qu’ils ont épluchées.»  Sur la base d’une critique systématique des études publiées, il n’existe aucune preuve d’une différence de qualité nutritionnelle entre les produits cultivés de manière biologique et ceux cultivés de manière conventionnelle, explique Alan Dangour, l’un des auteurs de l’étude scientifique.

A première vue, il apparait paradoxal et justement peu scientifique de comparer deux champs d’actions de l’agriculture aussi vastes. Surtout s’ils sont aussi diversifiés et complexes. L’agriculture d’aujourd’hui revêt des fonctionnements très différents au sein d’une même filière. Premier bémol.

Le 30 juillet, le quotidien le Figaro publie un article intitulé « les bénéfices du «bio» en question»  et affirme pour conclure : « reste à savoir si les consommateurs vont continuer à payer en moyenne 25 % plus cher (mais parfois beaucoup plus) des produits qui n’apportent pas un plus évident en matière de santé. Et qui n’ont pas forcément meilleur goût» . Mais qui a dit que les produits issus de l’agriculture biologique étaient censés contenir davantage de nutriments et avoir meilleur goût ? Personne à ma connaissance. Une pomme cultivée sans pesticide a un bon goût de pomme et nourrit son homme, point barre. On ne lui demande rien d’autre. Par contre, une pomme cultivée de manière conventionnelle subissant au bas mot 25 traitements avant d’atterrir dans notre réfrigérateur,  a bien, elle aussi, un goût de pomme, mais contient en plus ce que l’on appelle des résidus de pesticides. Lesquels pesticides, insecticides et autres fongicides modifient à la longue la structure des sols et notre environnement. Et pas seulement. Combien existe-t-il d’agriculteurs touchés par des maladies neuro-dégénératives ou des cancers, du fait de l’exposition répétée aux produits de traitement phytosanitaires ?

L’expression « agriculture biologique»  est récente, mais le mode de culture lui est ancestral. Respecter la terre, faire preuve de bon sens et ne pas chercher à augmenter ses rendements à n’importe quel prix… tout cela est vieux comme le monde. Je rencontre régulièrement des producteurs non certifiés qui cultivent selon le bon sens de la culture biologique ; par idéologie parfois, par conviction la plupart du temps. Pour eux, il est évident que l’agriculture intensive conventionnelle est un non sens et apparait comme un mode de culture forcément limité dans le temps.

Le 7 août, le même Figaro nous annonce « qu’après des années de croissance, les ventes de produits bio ont reculé d’environ 4 % depuis le début de l’année, selon la société d’études GFK, qui a mesuré les habitudes de consommation de 30 000 ménages» . C’est ce qui s’appelle en rajouter une louche. Au bénéfice de qui ?

Gâteau 3

Le fameux goûter d’anniversaire … celui où sont invités les petits copains, celui où il faut faire preuve d’imagination pour occuper la petite bande toute une après-midi durant. Vient le moment tant attendu du cadeau gâteau ! Chocolaté et coloré forcément. J’ai réalisé celui-ci en 15 minutes montre en main. Ajoutez 40 minutes de cuisson et le tour est joué.

Pour 6-8 personnes

Coût : 66 centimes d’euros par personne

Temps : 15 minutes de préparation

Ingrédients

  • 200 grammes de chocolat (Nestlé kraft) : 1,70 euros
  • 110 grammes de sucre : 15 centimes
  • 5 oeufs Bio : 1,75 euros
  • 20 cl de crème : 63 centimes (ou 125 grammes de beurre)
  • 2 cuillère à soupe de farine bombées : 10 centimes
  • 1 pincée de sel
  • 1 pincée de sucre glace
  • 1 paquet de skittles : 1 euro

Préparation

Préchauffez le four à 180°C.

Au micro onde ou au bain-marie, faire fondre le chocolat coupé en morceaux dans la crème liquide. Cela ne doit pas bouillir. Homogénéisez le tout en utilisant un fouet manuel. Réservez.

Séparez les blancs et les jaunes. Fouettez les jaunes vigoureusement avec le sucre jusqu’à ce que la préparation blanchisse. Ajoutez le chocolat et mélangez, puis la farine.

Monter les blancs en neige avec une pincée de sel. Incorporez les ensuite à la préparation au chocolat très délicatement à l’aide d’une cuillère en bois.

Beurrez un moule -idéalement de 25 centimètres de diamètre-, versez-y la pâte et enfournez pendant 40 minutes.

Vérifiez la cuisson en enfonçant la lame d’un couteau au centre du gâteau, elle ne doit pas ressortir totalement nette, la cuisson sera alors parfaite.

Laissez refroidir et décorez ensuite le gâteau selon vos envies ; l’intérêt des skittles, c’est qu’ils ne perdent pas leur couleur !

 

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Prix, nom masculin du latin pretium. Valeur d’un bien, d’un service, exprimée en monnaie

Qui ne s’est jamais retrouvé dans cette situation hasardeuse -ça ne devrait d’ailleurs jamais être le cas !- ou l’on endosse instantanément l’habit du client mal à l’aise, bafouillant, obligé de quémander le prix au kilo parce que d’étiquette il n’y a point. Petit moment de solitude. Le train passe… Le commerçant nous regarde avec une tête d’ahuri, du style de celui qui a face à lui une enmerdeuse cliente pas facile qui, en plus d’observer attentivement les légumes, demande combien ça va lui coûter !

Il existe une multitude de situations de ce genre et celles et ceux qui ont pour habitude de se coltiner le cabas le savent bien ! Il y a aussi l’artisan boucher à qui vous demandez -en ce joli dimanche- un filet mignon de porc de 1 kilo et qui vous annonce fièrement en vous regardant avec un oeil  -l’autre est caché derrière sa balance- « 1,220 kilo c’est parfait, j’emballe ?»  Non, vous n’emballez pas, parce qu’à 18 euros du kilo, ma note s’allonge monsieur (NDLA : 3,96 euros en sus tout de même) et que si je fais comme ça chez tous les commerçants de la rue je mange des pâtes et du riz 3 mois sur douze moi monsieur. Il faut tenir bon, garder le sourire et expliquer que non décidément pour respecter votre recette, c’est bien d’1 petit kilo dont vous avez besoin.

Demander le prix peut effrayer. Et pourquoi donc ? Je suis fille de commerçant, j’ai souvent entendu dire « le client est roi» . Il n’y a rien de déshonorant, bien au contraire. Comme le dit Jean-Pierre Coffe « il faut réapprendre l’usage de la balance pour être précis dans ses achats» . Et tant pis si on pique un fard et qu’il y a une dizaine de clients qui piétinent derrière nous !